Publié dans la Canada-Français, édition du 13 février 2020
À chaque année nombreux contribuables nous demandentcette question. En plus, il y a encore beaucoup de confusion relativement aux caractéristiques de l’un et l’autre. Au cours des dernières années, nos gouvernements ont aplani les taux d’imposition de la classe moyenne, de sorte que le choix incontournable d’utiliser nécessairement les REER est moins évident qu’autrefois.
CONTRIBUTIONS
Si on regardait d’abord de quels montants s’agit-il? La contribution maximale au REER pour 2019 est plafonnée à 26 500$ en respectant la limite de 18% de votre revenu gagné. Pour connaître le montant auquel vous avez exactement droit, vous vous devez de consulter votre avis de cotisation fédérale pour l’année d’imposition 2018. Àl’âge de 72 ans, vous devez obligatoirement avoir commencé à encaisser votre REER. Il peut contenir une panoplie de types de placements. Les argents que vous encaissez sont imposables.
Comparativement au REER la cotisation dans un CELI n’est pas déductible de vos impôts, mais en contrepartie les argents qui en ressortent ne sont pas imposables. Le CELI a été créé en 2009, et la contribution annuelle était alors de 5 000$ alors qu’elle est maintenant de 6 000$ pour 2020. Donc la contribution maximale accumulée depuis son instauration est de 69 500$ si vous aviez au moins 18 ans en 2009. Il n’existe aucune règle requérant que vous commenciez à encaisser le CELI.
PRINCIPES DE BASE
En principe vos revenus lors de votre période active sont plus élevés que lors de votre retraite. Ainsi vos revenus actuels étant plus élevés, donc vous vous trouverez dansune fourchette d’imposition plus élevée que celle que vous aurez à la retraite. Donc le REER vous permet d’économiser la différence. Si, par exemple, pendant votre période salariale votre taux marginal est de 41,12%, mais qu’à votre retraite vos revenus prévus font de sorte que le taux marginal serait de 32,53%, vous économisez ainsi 8,59% entre votre vie active et votre retraite. Évidemment cela sans compter les rendements gagnés à l’intérieur du REER. Toutefois, si vos revenus d’emploi de vie active et ceux de la retraite se situent dans une fourchette semblable, alors l’avantage du REER est moins important.
Un professeur retraité, Claude Laferrière, a créé des courbes mathématiques afin de nous éclairer sur l’impact des taux d’impôt et du coût des mesures sociales. Ses travaux nous apportent des révélations quant à des taux excessifs rencontrer selon le revenu. Ainsi, le REER peut être très intéressant pour les familles monoparentales ou biparentales avec enfants. En effet en plus de l’imposition, toutes sortes de mesures sociales s’appliquent et réduisent votre revenu net. Que ce soit du coût du service de garde, dont le taux de remboursement diminue avec la croissance du revenu, ou frais de transferts. Ironiquement plus il y a d’enfants, plus les impôts indirects sont élevés. Le bouclier fiscal a contribué à réduire les distorsions, mais les calculs utilisés en limitent sa portée.
Contrairement aux jeunes familles, les aînés ont avantage à utiliser le CELI. En effet le Supplément de revenu garanti est réservé aux personnes dont le revenu est peu élevé ou inexistant. L’encaissement du CELI n’étant pas imposable, celles-ci n’empêchent pas la réception de cet aide fédéral. Il en est de même pour la prestation de base de la PSV qui est de 7 362$, mais dont le retraité en perd 15% dès qu’il dépasse des revenus de 75 910$. Vous comprendrez qu’avant d’en arriver à ce montant, le retraité a tout avantage à encaisser des CELI plutôt que des REER.
COMBINAISONS
Une chose est certaine, le CELI est un instrument, qui en plus d’avoir un avantage fiscal, est très souple et flexible. En revanche le montant de contribution fait de sorte que l’on ne peut bâtir sa retraite uniquement sur la contribution annuelle de 6 000$. Le REER permet de se bâtir un portefeuille de retraite plus rapidement. Évidemment si vous bénéficiez d’un régime de pension de votre employeur, particulièrement de type Régime à prestations déterminées, le CELI est probablement votre meilleur choix, car la variation du taux d’imposition entre la vie active et la retraite risque d’être moindre. De toute façon, vos contributions REER sont limitées par votre régime de pension.
Quand on pense qu’aujourd’hui les travailleurs changeront de travail à plusieurs reprises au cours de leur vie active, qui peut prédire quel sera leur revenu et taux d’imposition dans 30-40 ans? Vous aurez compris que dans un monde idéal, il est préférable de cotiser aux deux régimes. Les gens plus fortunés l’ont compris, car la majorité d’entre eux détiennent REER et CELI!
Que vous soyez confus ou pas, l’important c’est d’au moins y investir. Malheureusement c’est trop facile d’encaisser un CELI pour partir en vacances. Pour certains, c’est trop attirant de l’encaisser!
Christian Dufour, auteur/author
