Les gens n’aiment pas l’incertitude économique, et encore moins lorsqu’elle est associée à la complaisance du marché, commente le Financial Post. En conséquence, beaucoup de gens intelligents pensent que nous sommes sur le point de vivre une autre correction, mais ce n’est vraiment pas si rare en temps de crise.

Sans minimiser la gravité des dommages causés et de ceux qui sont touchés, il est utile de reconnaître ses craintes immédiatement après un tel événement et de déterminer comment cela peut influencer vos attentes quant à l’éventualité de nouveaux problèmes.

L’économie mondiale se remettra des dommages causés par cette pandémie, mais elle ne sera certainement pas la même qu’auparavant. Les tsunamis ont tendance à changer définitivement le paysage.

On peut voir ce changement dans le S&P 500 puisque cinq actions, Facebook, Alphabet, Amazon.com, Apple et Microsoft, représentent maintenant la moitié de l’indice entier. Au Canada, Shopify est devenue la deuxième entreprise en valeur en termes de capitalisation boursière.

Beaucoup remettent en question la durabilité de ces réaffectations de capitaux d’investisseurs alors qu’ils devraient examiner l’impact potentiel sur d’autres entreprises qui refusent de s’adapter à la nouvelle réalité et recherchent plutôt l’argent des contribuables pour les renflouer.

UN NOUVELLE RÉALITÉ, RAPIDEMENT

Cette période d’isolement dans laquelle nous nous retrouvons a facilité une transition massive de l’ancienne économie mondiale vers le nouveau monde à un rythme incroyable. Par conséquent, les générations plus âgées n’ont d’autre choix que de se connecter en ligne pour acheter des produits d’épicerie, faire leurs opérations bancaires, regarder des films ou communiquer avec des amis et la famille.

Des écosystèmes entiers se développent rapidement comme jamais auparavant grâce à des stratégies qui profitent aux millions de personnes contraintes de rester chez elles. Des jeux vidéo tels que Fortnite organisent des concerts avec plus de 12 millions de personnes présentes. Netflix a ajouté 15,8 millions d’abonnés au premier trimestre, écrasant ses propres prévisions de 7 millions et les attentes des analystes de 8,47 millions.

Dans le commerce de détail, Target Corp. a indiqué que ses ventes numériques avaient plus que doublé en mars et presque triplé en avril. Le nombre de membres d’Amazon Prime aux États-Unis à lui seul est passé à 118 millions fin mars, selon les estimations de Consumer Intelligence Research Partners. Cette croissance semble étonnante, d’autant plus que la plupart paient 12,99 $ US par mois pour avoir accès à une livraison gratuite et rapide sur les achats et à un service de divertissement.

Tout cela n’est pas une bonne nouvelle pour les producteurs qui n’ont pas d’influence sur le prix du marché, et qui dominent malheureusement encore de larges pans de l’économie mondiale. Ici, au Canada, nous avons misé sur ces segments du marché du vieux monde tels que le pétrole et l’immobilier. En conséquence, nous devons maintenant nous inquiéter des prix en chute du pétrole et d’un marché immobilier qui pourrait être soumis à de graves contraintes si cette période d’isolement se poursuivait dans les mois à venir.

L’économie canadienne est également dominée par des oligopoles bancaires, des transports et des télécommunications, qui se cachent derrière les réglementations gouvernementales pour empêcher la concurrence alors qu’ils devraient essayer de convertir leur clientèle locale en un écosystème en ligne, ainsi que la construire et l’étendre à l’extérieur du Canada.

Jusqu’à ce que cela se produise, les dommages causés chez nous seront plus importants que ceux au sud de la frontière ou d’autres juridictions embrassant le changement de comportement des consommateurs. Les investisseurs, au lieu de s’inquiéter de savoir si une deuxième vague liée à une pandémie va frapper, devraient peut-être se concentrer sur la façon dont la première changera le paysage actuel, surtout ici au Canada, et ajuster leurs portefeuilles en conséquence.

SOURCE:https://www.conseiller.ca/nouvelles/economie/leconomie-ne-sera-plus-jamais-pareille/