Chronique financière,
publiée dans le Canada Francais, le 5 décembre 2013
Au Québec la petite entreprise a été longtemps le moteur du développement économique. Selon Statistique Canada environ 85% des entreprises qui font leur apparition sur le marché survivent durant une année entière, 70 % survivent pendant deux ans et 51% sont encore en activité après cinq ans. C’est bien peu. Dans la présente chronique, nous allons nous arrêter sur certains scénarios afin d’assurer la pérennité de l’entreprise en utilisant l’assurance-vie.
LES ASSOCIÉS
L’entreprise AAJ Valves Inc. est composée de 3 coactionnaires, André, Alexandre et Jonathan. André, âgé de 47 ans en est le président et le supervendeur. Il est père de 3 enfants, deux adolescents de 14 et 16 ans d’une première union et une petite fille de 6 ans issue de sa 2ième union. Alexandre, 39 ans, a un fils de 18 ans et est le gérant de production de l’usine qui compte 53 employés. Jonathan, 33 ans, sans enfant, est le scientifique de l’entreprise. Ce dernier a mis au point une nouvelle technologie révolutionnaire, une valve électronique permettant d’interrompre le passage du pétrole dans les oléoducs en cas de fuite. Malgré que l’entreprise a 15 ans d’existence et un carnet de commandes bien garni, elle a misé beaucoup sur cette dernière technologie. Toutes ses ressources financières y ont passé, malgré les généreux crédits d’impôt de recherches et développements, de sorte que si elle ne trouve pas rapidement de clients pour celle-ci, elle devra fermer ses portes. La marge de crédit est à son maximum, et qui plus est, chacun des coactionnaires a du hypothéquer sa résidence pour garantir les prêts à l’entreprise. L’institution financière demande depuis longtemps aux actionnaires de mettre en place des assurances-vie, mais chacun étant trop occupé, la demande reste sans réponse au grand dam du prêteur.
Mais voilà, de la lumière au bout du tunnel! André qui multiplie les voyages aux États unis, a décroché un lucratif contrat avec ?Pétroles USA”, le plus important oléoduc américain. Enfin la nouvelle technologie prendra son envol. Mais André qui ne vit que pour son entreprise n’est pas au bout de ses peines. Sa conjointe lui apprend qu’elle veut rompre car il est toujours absent et sa première conjointe lui demande de reprendre les deux adolescents car elle ne peut plus les contrôler! Coup de théâtre, André meurt subitement d’une crise cardiaque dans sa chambre d’hôtel au Texas. Le prêteur devient craintif et bloque la marge de crédit alors que le nouveau client étant inquiet menace d’annuler le contrat. Alexandre et Jonathan ne se sente vraiment pas à l’aise de chausser les chaussures d’André et les relations publiques ne sont pas leur tasse de thé. Ils songent maintenant à vendre l’entreprise à rabais, ou la mettre en faillite.
Dans les faits si l’entreprise avait contracté des assurances-vie sur la vie de ses actionnaires elle aurait pu passer plus facilement à travers l’épreuve du décès d’André. Les argents ainsi reçus, qui ne sont pas imposables, auraient pu servir à embaucher un autre supervendeur et un expert en relations publiques pour remplacer André et ainsi rassurer les clients. Le remboursement d’une partie de la marge de crédit aurait pu être utilisé pour calmer le prêteur. De plus, les actionnaires survivants utiliseraient une partie de l’assurance-vie pour acheter les actions de la succession d’André. L’entreprise aurait survécu et les loyaux employés auraient conservé leurs emplois.
Vous croyez que je baigne dans le dramaturge? Croyez-moi, à peine! Je connais bien la vie des entrepreneurs et c’est beaucoup plus rose vu de l’extérieur.
LA RELÈVE
Lorsque l’on demande aux entrepreneurs de donner un montant sur la valeur marchande de leur entreprise, l’on entend fréquemment des réponses quelque peu farfelues. Plusieurs d’entre eux rêvent de trouver un acheteur externe qui leur permettra de prendre une retraite dorée. Une petite analyse démontre souvent que le prix ainsi demandé ne trouvera pas preneur et que si l’entrepreneur ne trouve pas une relève à l’interne, l’enteprise ne lui survivra pas. Ainsi plusieurs entrepreneurs trouvent la continuité de l’entreprise auprès de leurs enfants, ou, de fidèles employés. C’est ce que l’on appelle dans notre jargon ? le gel successoral”. La prise d’une assurance sur la vie du principal actionnaire est alors importante afin de donner des liquidités à l’entreprise et permettre de payer le prix des actions du défunt.
À l’inverse le parent, qui fonde tant d’espoir sur son enfant ou son bras droit pour répondre de sa retraite a tout intérêt a prendre une assurance sur la vie de ceux-ci. Imaginez la peine et tristesse d’un parent de voir mourir son enfant, qui le voyait comme son successeur. Peu de parents réussissent à trouver la force de continuer dans ces conditions. Bien souvent l’entreprise ne survit pas.
ÉQUITÉ ENTRE LES ENFANTS
Le parent qui permet à un de ses enfants de continuer l’entreprise concède à celui-ci un avantage en rapport avec ses frères et sœurs. L’assurance-vie est un excellent moyen de balancer l’égalité entre les enfants de l’entrepreneur.
SURVIE DE L’ENTEPRISE
La mondialisation a transformé le visage de la compétition. Les entreprises ont peine à survivre à leur lancée. Être entrepreneur dans ces conditions requiert beaucoup de temps, d’efforts, de sacrifice et de tolérance au risque. Faut-il en plus qu’un décès vienne mettre fin à l’entreprise?
