Quand la maladie peut vous ruiner

Publié dans la Canada-Français, édition du 28 novembre 2019

Ces derniers temps j’ai passé pas mal de temps en formation afin de respecter les unités de formation que l’Autorité des marchés financiers (AMF) nous impose. La présentatrice d’une formation a particulièrement touché l’auditoire en racontant son histoire personnelle. Pas du Fake News! Du vrai de vrai à vous en arracher les papiers mouchoirs de votre poche. J’ai demandé à Roxanne (nom modifié) de nous raconter son histoire.

En 2009, j’ai 29 ans et je travaille dans un cabinet d’assurance de dommages. Malgré que je sois monoparentale avec une fille trisomique de 5 ans, j’en suis à passer mon dernier examen de l’AMF pour l’obtention du permis de représentante en assurance de dommages. Un soir, de retour à la maison, je retrouve un bizarre de message sur mon répondeur : Roxanne rappelle nous on a décelé un lymphome hodgkinien! Quoi, c’est quoi cette histoire-là, c’est quoi Hodgkin? Je vérifie sur Internet, cela ne se peut pas, c’est une maladie de vieux! C’est impossible je fais régulièrement 21 kilomètres de rollerblade”

Malgré la nouvelle, Roxanne fonce à son examen et le réussi avec succès. Sa famille étant éloignée, elle n’a qu’une seule idée en tête, “je ne peux pas mourir, il faut que je sois présente pour ma fille trisomique”. Quand l’oncologue lui parle de 12 traitements de chimiothérapie et 15 de radiothérapie, elle se sent totalement abattue, j’avais tellement peur de perdre mes cheveux”. Avant son premier traitement de chimio, Roxanne se permet un petit 21 kilomètres de rollerblade. Enfin une bonne nouvelle, son oncologue lui annonce qu’un nouveau protocole lui permettra de réduire la chimiothérapie à 4 traitements. “Après le premier traitement, je ne pouvais pas m’imaginer que j’en passerais 12, et merci, je n’ai pas perdu mes cheveux”.

Évidemment à 29 ans Roxanne est comme plusieurs de son âge, presque pas de REER, une assurance-vie, et pas d’argent de côté, elle vivait de paie en paie. Heureusement que son employeur a une assurance collective, qui la couvre après 90 jours. Elle tire du chômage qui la couvre pour les 15 premières semaines, mais le temps du décalage afin que les protections se mettent en place, elle accumule les dettes. “Mine de rien, le coût de vie continue, tu ajoutes le voyagement à Montréal pour les traitements, les stationnements à 25$, ma carte de crédit est pleine, j’en demande une autre pour payer la première, j’en demande une troisième pour faire le même scénario… et je me fais tout simplement refuser. Je consulte un syndic de faillite qui me dit que je suis trop endettée pour faire faillite! J’avais accumulé 18 000 $ de dettes et je ne pouvais faire les paiements minimaux”.

À l’époque, financièrement j’ai tout perdu! J’ai encaissé le peu de REER que j’avais, annulé ma police d’assurance-vie parce que je ne pouvais acquitter les primes, j’ai gratté partout”. Heureusement Roxanne a pu bénéficier de l’assistance de ses collègues de bureau qui lui organisent des collectes de fonds et qui lui préparent des plats cuisinés, car après chaque traitement elle est très épuisée. Un ange gardien (son nouvel amoureux) cautionne pour elle auprès d’une institution financière, et malgré un taux d’intérêt de 13 à 14%, elle rembourse ses dettes sur 5 ans. Elle n’a pas le choix elle doit retourner rapidement au boulot même si elle n’en a pas l’énergie. Finalement un concurrent achète son employeur et sa division est fermée! “En 2013 je fais un virage vers l’assurance de personnes. Je voulais aider les personnes qui ont de la difficulté à obtenir de l’assurance à s’en procurer, car je savais maintenant ce qu’ils vivaient”.

Maintenant qu’elle a dix ans de plus, qu’elle a repris sa santé, après-coup comment voit-elle les choses? “ Le plus difficile a été de devoir retourner rapidement au travail. J’aurais tellement aimé prendre mon temps pour refaire le plein d’énergie, mais je n’avais tout simplement pas le choix! Quand tu es malade, tu n’as pas le contrôle, tu es à la merci de tes émotions, du système de santé. Ça m’a pris 4 à 5 ans pour m’en remettre. Je me couchais très tôt, j’étais à plat! Avoir pu disposer d’aussi peu que de 15 000 $, cela m’aurait permis de retarder mon retour”.

Plusieurs croient que la planification financière c’est d’avoir une assurance-vie et un REER. C’est pourtant tellement plus que cela. “Maintenant je sais que la planification financière va au-delà de cela. C’est entre’ autre un ensemble pour faire face à des imprévus qui nous permet de tenir le coup! Une protection d’assurances maladie graves aurait été le bienvenu”.

Roxanne a bien raison. Pour une femme âgée de 29 ans, une assurance de type maladies graves donnant une protection de 25 000 $ coûte moins de 24 $ par mois.

ÇA N’ARRIVE QU’AUX AUTRES?

Cela m’étonne toujours que l’on soit prêts à acheter une assurance prolongation de garantie pour un téléviseur, un cellulaire, mais que l’actif le plus important de notre existence ne soit aucunement couvert, NOUS! Personne n’est à l’abri de la maladie, d’autant plus que Roxanne était encore relativement jeune pour affronter sa maladie et qu’elle est de nature très résiliente. La planification financière couvre tous les aspects de votre situation financière et personnelle. Profitez-en afin d’être outillé pour faire face au pire, comme au mieux! Merci Roxanne pour avoir partagé ton éxpérience.

Christian Dufour, auteur/author